C’est quoi ça, Vanessa ? La mémorisation progressive est une activité que j’utilise très régulièrement en classe. Elle est simple à mettre en place et fonctionne étonnamment bien avec les élèves, des plus petits aux plus grands (même si, expérience personnelle oblige, j’ai toujours un doute avec les 4e). 😅
Le principe est toujours le même : les élèves découvrent un support, ils le mémorisent rapidement, puis une partie disparaît et ils doivent le reconstruire. Rien de révolutionnaire sur le papier, mais en classe, ça crée quelque chose de très ludique et différencié. Ce qui est vraiment cool, c’est que cela marche pour l’acquisition de pas mal de compétences. Quelques exemples, ça vous dit ?
1. voir, mémoriser, reconstruire
Lors de la semaine des langues, mon équipe avait décidé de se pencher sur les desserts Britanniques et Américains pour nos 5e.
Pour le travail du lexique, je leur ai proposé une série d’images qu’ils doivent mémoriser en une vingtaine de secondes. Ensuite, je projette une image du dessert, accompagnée d’une sorte de “formule” avec des images et ils doivent deviner le nom. Voici 2 exemples :


Bien sûr, c’est plus challengeant de trouver une façon de décoder banoffee pie que shortbread. 😅
2. Travailler les compétences langagières…
Je décline aussi ce principe avec des CEs, notamment avec les petits niveaux. L’idée est toute simple : les élèves découvrent un document pendant un temps imparti et doivent retenir un maximum d’informations. Ensuite, je fais progressivement disparaître le texte : au début, j’enlève quelques mots, puis des groupes de mots, puis des morceaux de phrases.
L’objectif n’est pas qu’ils récitent le texte par cœur, mais qu’ils s’appuient sur ce qu’ils ont compris pour le reconstruire. On travaille ainsi, encore une fois, la mémorisation, le repérage des informations essentielles et, petit à petit, la reformulation.
Pour moi, le but est que les élèves soient capables, à la fin, de reformuler l’ensemble sous forme de trace écrite, en s’appuyant sur ce qu’ils ont retenu et compris.
2. ET LA LANGUE…
L’un des aspects que j’apprécie le plus avec ce type d’activité, c’est qu’elle permet aussi de retravailler la grammaire.
Je ne commence pas directement par faire disparaître les éléments grammaticaux : dans un premier temps, les élèves se concentrent sur le sens du texte, le vocabulaire et les informations importantes. Ils lisent, relisent, complètent, reconstruisent… et c’est seulement ensuite que l’on s’intéresse davantage à la structure de la langue.
Ce qui est intéressant, c’est qu’à ce stade, même les élèves les moins à l’aise avec la conjugaison participent car on ne fait pas (seulement) appel à leurs connaissances ; ils ont déjà des repères et peuvent s’appuyer sur la mémorisation pour retrouver les structures, même s’ils ne seraient pas forcément capables de les produire seuls au départ. Voici un extrait du PowerPoint interactif que j’utilise avec mes élèves de 5e lors de notre première séance sur Thanksgiving :

Bref, ce ne sont pas des pratiques révolutionnaires, mais des façons de faire simples qui renouvellent un peu nos habitudes de classe. C’est aussi une manière de différencier.
Alors je ne prétends pas avoir trouvé la méthode miracle (si seulement !). En revanche, c’est une activité qui a largement fait ses preuves dans mes classes. J’espère qu’elle vous donnera quelques idées. 🙂

Laisser un commentaire